La Grèce récupère ses raquettes

Au beau milieu de la saison sur terre battue, c’est une actualité historique qui a submergée la planète Tennis : Deux athlètes grecs ont remporté simultanément un ATP 250. Maria Sakkari devint la reine de Rabat tandis que Stefanos Tsitsipas s’octroît son 3e titre sur la côte d’Estoril. Une performance hallucinante qui va venir raviver la flamme du tennis grec, éteinte depuis trop longtemps. En effet, face aux récents résultats des locaux, la fédération grecque en accord avec l’ATP s’arrange pour faire émerger un tournoi dans la péninsule hellénique à l’horizon 2020.

Il y a trois ans, le tennis grec bien que malade ne faisait pas l’ombre d’un titre sur les médias. Longtemps privé de joueurs de haut niveau, le pays d’accueil historique des Jeux Olympiques était confronté à une dure réalité : Le paradoxe d’un gouffre tennistique dans un pays de tradition sportive. Et pourtant… ce n’est pas faute d’avoir essayé !

Il y’a une trentaine d’années, des balles s’échangeaient entre Roland Garros et Wimbledon sur la terre battue hellène. Seulement ce tournoi basé à Athènes n’a duré que huit ans chez les hommes ( 1986-1994 ) et quatre ans chez les femmes entre (1986-1990). Un mal du pays que vivait Nicolas Kelaïdis, entraîneur grec et ancien dirigeant à la Fédération : « Il n’y a aucune structure, ni pour les joueurs amateurs, ni pour les pros. La fédération a laissé le tennis grec dans la nature ! ».

Nicolas Kelaïdis

En effet la Grèce n’expose qu’une dizaine de tournois jeunes par an et forme très peu de joueurs de haut niveau. Dans la légende, seul des Konstantinos Iconomidis et Alexandro Jakupovic ont pointé la raquette aux portes du Top 100. Le résultat d’un management individualiste qui fit monter l’exil sportif. Les joueurs quittent le territoire pour forcer leur talent, d’où ces noms à consonance hellène sur le circuit. De faits historiques, une forte vague d’immigration fuit la dictature grecque au XXe siècle. Cette communauté s’installe majoritairement en Australie, une terre qui donne des beaux noms du tennis, à l’image de Nick Kyrgios, fils de parents grecs ou encore Thanasi Kokkinakis né d’un père grec également.

Nick Kyrgios – Vainqueur Acapulco 2019

La nature semble avoir rendu le tennis grec plus fort, à l’image de ces néo-stars, c’est toute une économie qui tente de se relancer. La journaliste grecque Vicky Georgatou en a fait l’annonce il y’a quelques semaines. La venue de la balle jaune à Athènes, dans le stade Panathénaïque aura lieu en 2020. Une information à confirmer mais qui traduit la volonté de réinsérer le tennis grec au cœur du jeu. Ces ATP 250 se développent de plus en plus grâce à un contexte porteur. Récemment la Bulgarie, Croatie et l’Argentine lancent leurs ATP 250 avec la conviction d’un modèle viable. A noter que ce sont les USA qui organisent le plus de tournois, 11 chez les hommes, 12 chez les femmes suivi par la France avec respectivement 6 et 7.

Ces petits tournois fonctionnent sur des modèles économiques dits « relationnel », car les budgets sont faibles et générer des recettes est un combat permanent. Ces tournois tirent leurs principaux revenus du sponsoring, du naming mais surtout de l’attractivité du spectacle sportif. Les acteurs du tournoi conditionnent les ventes et la popularité du tournoi en général.  L’ATP grec devra également se faire une place dans ce calendrier tennistique déjà très rempli.  On parle d’une part de terre battue, d’autre part du mois de septembre… « Hellas » aura sa réponse dans très peu de temps.

Matthieu Giboire



Catégories :ATP

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