Marion Bartoli, besoin viscéral d’écrire ? Lisez « Renaître » !

6 juillet 2013. Marion Bartoli réalise le rêve d’une – sa – vie : remporter le plus prestigieux tournoi du monde, Wimbledon, et ainsi soulever la coupe Venus Rosewater Dish. Ce rêve, elle l’avait couché sur une liste d’anniversaire alors qu’elle n’avait que huit ans. Comme elle avait inscrit « un Monopoly, et des perles pour faire des bracelets », la jeune enfant de 8 ans, née dans le Puy-en-Velay, avait inscrit « le trophée de Wimbledon ». Ce souhait allait la suivre pendant les vingt prochaines années de sa vie, et elle allait tout sacrifier pour y parvenir un jour. Elle, mais pas seulement. Loin de là. Ce projet, Marion Bartoli l’a mené de front avec son père, Walter. Médecin de campagne originaire de Marseille, Walter Bartoli quitta son métier pour suivre et mener sa fille tout en haut. Du boulodrome de son village de Retournac aux hôtels miteux et aux premiers chèques remportés, Marion Bartoli raconte ses débuts, ses moments de doute, de gloire, sa descente aux enfers et les difficultés pour remonter la pente dans Renaître, paru chez Flammarion le 24 avril.

Avec le trophée Venus Rosewater Dish à Wimbledon en 2013

Écrit en collaboration avec Géraldine Maillet, Renaître résonne dès les premières pages comme un besoin viscéral de coucher sur papier les trente premières années de l’Auvergnate, tout comme gagner Wimbledon en 2013 semble l’avoir été. Une psychothérapie, dira-t-elle en promo. « C’est une psychothérapie, un moyen de tourner la page » (propos relayés par France Bleu). Cicatriser d’une relation toxique avec un Britannique qui l’aura fait chuter jusqu’à 41 kg en juillet 2016. Touchée par un virus, la jeune femme ne peut plus être au contact de l’eau du robinet, comme de son téléphone portable. Son père, toujours. « Papa a trouvé. Papa trouve toujours. » (p.267). Dix jours dans un hôtel clinique dans le nord de l’Italie, plus de trois mois dans un service d’infectiologie parisien, dont six semaines sans visite. « Personne ne reconnaît le squelette de Marion Bartoli. Mon cadavre est glacé, sans âge, sans âme, sans avenir. » (p.268). La renaissance, le marathon de New York comme raison de vivre. « Ce sera mon nouvel objectif. […] Une nouvelle marche vers la guérison définitive » (p.275).

Un besoin de rétablir une certaine vérité, également, quant à sa relation fusionnelle avec son père et entraîneur durant pratiquement toute sa carrière. Walter Bartoli a tout fait pour que sa fille atteigne son objectif. Leur objectif. Leur carrière. Leur Wimbledon. Un projet commun. « Avec papa, c’est toujours juste. Il n’y a pas d’humiliation personne si ce n’est pas justifié. […] Si je dois réussir, ça ne peut être qu’avec Walter Bartoli, mon papa. » (p.69). De la première machine à balles achetée en francs dans le boulodrome de Retournac aux entraînements draconiens. « Ma meilleure ennemie devient la machine à balles. Parfois, j’ai des envies de meurtre. De vandalisme. »

Après la balle de match à Wimbledon en 2013 (Crédit photo : @WTA)

Des sacrifices jusqu’à atteindre leur objectif en ce samedi de juillet 2013. Profitant d’un tableau ouvert, Marion Bartoli se qualifie pour sa deuxième et dernière finale majeur. Pas question de revivre l’immense déception de 2007. Marion Bartoli connaît le court Central par coeur. Dans sa box, son père, évidemment. « Papa, et si je perds ? On sait toi comme moi qu’il n’y aura pas d’autres fois. » (p.16). Amélie Mauresmo, aussi, avec qui elle a partagé une campagne de Fed Cup. Sabine Lisicki est débordée, Marion Bartoli en contrôle. 6-1, 6-4. Elle succède à Mary Pierce et Amélie Mauresmo. « Je dois faire un tour d’honneur avec le plateau Venus Rosewater Dish, mon Dieu. Ce n’est pas possible, mais j’ai gagné. » Mai 2019. Marion Bartoli reste, à ce jour, la dernière Française à avoir remporté un titre du Grand Chelem.

Marion Bartoli avec Géraldine Maillet, Renaître, édition Flammarion, 19e90.



Catégories :WTA

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