Jannik Sinner, itinéraire d’un prodige.

Le visage encore juvénile, Jannik Sinner n’a pas 18 ans mais enchaîne les succès sur le circuit Challenger. (Photo : ITF).

Ses résultats ne cessent d’impressionner. Vainqueur dimanche à Lexington, Jannik Sinner n’a pas encore 18 ans – il les fêtera le 18 août – mais a bondi à la 135e place mondiale ce dimanche après son titre dans le Kentucky. Le mot prodige est sur toutes les lèvres quand il faut évoquer ce jeune homme qui fait partie de ceux qui pourront très bien tenir le haut du pavé dans les prochaines années.

Tout d’abord une curiosité, Jannik Sinner est Italien mais vient d’une région où l’Allemand est la langue principale, le Sud-Tyrol et la ville d’Innichen. Une région de montagne, où d’ailleurs Jannik Sinner s’illustrera un temps au ski, le sport-roi, entre l’âge de 8 et 12 ans. Le tennis ? C’est son père qui lui donne goût à l’âge de 7 ans, il est vite excellent et part à 13 ans s’entraîner avec Riccardo Piatti et Massimo Sartori du côté de Bordighera en Ligurie, près de la France. L’espoir impressionne vite, rappelons que Riccardo Piatti est l’un des plus grands entraîneurs italiens, il a entraîné Ivan Ljubicic, Novak Djokovic, Richard Gasquet et Milos Raonic. L’idole de Jannik Sinner ? C’est bien sûr Roger Federer et Italie oblige, il suit beaucoup le foot et supporte le Milan AC.

Le talent de Jannik Sinner n’a pas échappé à l’oeil du grand entraîneur qu’est Riccardo Piatti (Photo : Facebbok Piattitennisteam)

Être repéré à 13 ans par des entraîneurs de poids comme Riccardo Piatti vous pose le petit prodige qu’est Jannik Sinner. Ses résultats sur le circuit junior sont tout de même assez discrets, il remporte néanmoins le Qatar Open Junior, où il domine en finale Harold Mayot. Le prodige fait vite la bascule chez les grands et obtient finalement très tôt des résultats probants, à Heraklion d’abord en mars 2018, il sort des qualifications et s’incline 7-5 6-4 au premier tour contre une autre pépite du tennis mondial, d’un an son aîné : Rudolf Molleker. Il joue sa première finale professionnelle à domicile au tournoi de Santa Cristina en août, mais c’est encore trop tôt, il perd sèchement en finale contre Peter Heller.

L’éclosion à Bergame

Des résultats mitigés pendant l’hiver 2018, on note tout de même sa première victoire sur le Circuit Challenger à Ortisei, puis une belle résistance à Antalya contre l’ancien membre du top 50 Illya Marchenko. Il obtient son premier résultat probant cette année au 25 000$ d’Aktobe au Kazakhstan, où il se qualifie pour les demi-finales. La suite ? Une série de 16 victoires commencées de manière étincelante au Challenger de Bergame, où il domine notamment Salvatore Caruso et Tristan Lamasine.

Pour mieux situer la performance de Jannik Sinner, il devient le premier joueur de l’année 2001 à remporter un Challenger et le plus jeune Italien sacré dans cette catégorie (Image : ATP)

Un succès étincelant qui le propulse à la 324e place mondiale, le prodige entre alors dans une période folle avec deux autres titres décrochés dans deux tournois ITF 25 000$ à Trento puis Santa Margherita di Pula. Sorti des qualifications à Budapest en tant que lucky-looser, il décroche sa première victoire sur le circuit majeur contre Mate Valkusz puis joue une nouvelle finale d’un tournoi Challenger, mais s’incline cette fois à Ostrava contre Kamil Majchrzak avec au passage sa première victoire contre un joueur du top 100, Jiri Vesely.

Un choc des pépites italiennes aux pré-qualifs de Rome et une victoire étincelante

Rapidement dans le grand bain, au contact des champions, Jannik Sinner s’offre un entraînement prestigieux à Monte-Carlo – quelques jours avant sa première victoire sur le grand circuit à Budapest – avec un certain Novak Djokovic. Taper la balle avec un tel champion, encore un signe de reconnaissance pour l’Italien…

Sinner sort vainqueur d’un duel des prodiges italiens dans un tournoi pour l’obtention d’une wild-card italienne au Masters 1000 de Rome, à domicile. Au terme d’un match épique, il domine l’autre pépite transalpine qu’est Lorenzo Musetti, mais s’incline en finale contre Andrea Basso. Peu importe, il intègre le tournoi malgré tout en tant qu’invité et s’offre l’Américain Steve Johnson – 59e mondial – pour son entrée en lice, puis s’incline contre le septième mondial Stefanos Tsitsipas, sans démériter, 6-3 6-2.

Des résultats intéressants sur herbe et un deuxième challenger à Lexington

Si les résultats sur herbe sont moins tranchants que sur terre battue, le prodige réalise tout de même de bons débuts sur la surface verte. Il sort des qualifications à Bois-Le-Duc – avec des succès sur Lukas Lacko et Thomas Fabbiano puis s’incline de peu contre Joao Sousa au premier tour des qualifications à Halle et contre Alex Bolt aux qualifications de Wimbledon, sur les terrains de Roehampton.

Après une nouvelle victoire sur le grand circuit à Umag, il passe un tour au Challenger de Binghampton et file vers le Kentucky où il remporte son deuxième tournoi sur le circuit secondaire – les moments forts de sa finale contre Alex Bolt sont au-dessous – faisant preuve de force mentale en remportant notamment quatre matchs en trois sets, dont deux alors qu’il avait perdu la première manche. Un succès qui le propulse à la 135e place mondiale.

Avec déjà deux titres dans la catégorie des Challengers alors qu’il a moins de 18 ans, Jannik Sinner est dans le même temps de passage que Rafael Nadal ou Tomas Berdych notamment (ATP)

Avec sa taille d’1 mètre 88 et ses 75 kilos, Jannik Sinner a un profil qui lui offre un tennis assez complet, orienté cogneur fond de court mais qui peut s’appuyer sur une très bonne première balle, un profil qu’on peut rapprocher de celui d’Alexander Zverev. L’Italien a aussi une grande capacité – et en cela il ressemble un peu à Bernard Tomic à donner très facilement une grande vitesse à la balle, sans donner l’impression de forcer, mais sans la nonchalance de l’Australien. L’Italien peut s’appuyer aussi sur un excellent revers à deux mains. Très bon serveur, il est aussi un excellent relanceur.

Certes, il est encore tôt pour savoir si Jannik Sinner tiendra toutes ses promesses et s’il sera l’un des grands joueurs du circuit dans les années à venir. Mais sa progression fulgurante – il ne faisait pas partie du top 1000 il y a un an – nous invite à le considérer comme l’un des plus grands espoirs du tennis mondial et nous invite à regarder avec une grande attention tout ses matchs. Cela tombe bien, Jannik Sinner poursuit sa tournée des challengers américains cette semaine à Aptos, en Californie !



Catégories :ATP, ITF, Non classé, Portraits

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