US Open 2002 : Pete Sampras sort par la très grande porte.

Pete Sampras domine une dernière fois son rival de toujours Andre Agassi et décroche un 14e tournoi du Grand Chelem à Flushing Meadows. Un record à ce moment-là… Photo : US Open.

« Je sais que j’ai encore en moi un autre titre du Grand Chelem » Pete Sampras.

Il ne savait pas qu’en entrant sur le court Arthur Ashe à New-York, ce dimanche 8 septembre 2002, quasiment un après les attentats du World Trade Center, qu’il jouerait ce soir-là le dernier match de sa carrière, une carrière formidable, contre son rival de toujours, le Kid de Las Vegas, Andre Agassi. Mais c’est pourtant bien la dernière apparition ce soir-là sur un court, en tant que joueur professionnel, d’une des plus grandes légendes de l’Histoire du tennis, Pistol Pete, c’est-à-dire Pete Sampras. Même si, avant d’aborder le dernier Grand Chelem de l’année, il n’est plus « que » 17e mondial, il savait qu’il pouvait encore agrandir son palmarès « gargantuesque ».

Et quoi de mieux qu’un dernier duel contre Andre Agassi, un joueur avec qui il a si souvent croisé le fer. Voilà 13 ans que Pete Sampras et Andre Agassi s’affrontent sur le grand circuit, 13 années jalonnées d’affrontement inoubliables. Pour l’anecdote, rappelons que le premier duel a eu lieu sur terre battue, à Rome, et il fut remporté par l’aîné des deux (Agassi est un an plus âgé que Sampras), très facilement, 6-2 6-1. La suite ? Une succession de combat interminables, et un net avantage pour Pete Sampras, qui remportera la plupart des grands duels, et notamment les finales de Grand Chelem contre son rival. Dès 1990, les choses sont claires, Sampras, à peine âgé de 19 ans, décroche facilement son premier titre majeur en dominant Andre Agassi en finale, 6-4 6-3 6-2. Si Agassi prend sa revanche en finale de l’Open d’Australie 1995, Sampras reprendra le dessus à l‘US Open 1995, ensuite à Wimbledon en 1999, ou encore au Masters en 1999, dominant le Kid en finale… après une défaite contre lui en phase de poules ! Mais des deux hommes, on retient un tie-break inoubliable en demi-finale de l’Open d’Australie 2000. Ce jour-là, Andre Agassi livre une partie exceptionnelle, qu’il décroche au terme du cinquième set, après avoir fait plier Pistol Pete – 6-4 3-6 6-7 7-6 6-1 – et en ayant remporté un tie-break du quatrième set d’anthologie !

Les deux compagnons se retrouvent ce soir-là pour la 34ème fois de leur carrière, en finale de l’US Open, devant le public de New-York. L’époque où les Etats-Unis dominaient le tennis mondial. Mais Pete Sampras en 2002 est un champion sur le déclin, il n’a remporté aucun titre et n’a joué qu’une petite finale avant d’arriver à Flushing Meadows, à Houston sur terre battue, il avait alors subi la loi de son jeune compatriote Andy Roddick, 13ème mondial, qui sera promis ensuite à un superbe avenir. Demi-finaliste à Indian Wells, il avait été là aussi dominé par un membre de la « jeune garde », un des joueurs qui fera lui aussi l’avenir du tennis, Lleyton Hewitt. En Grand Chelem… c’est guère mieux, un huitième de finale en Australie, où il a encore succombé contre celui qui l’avait battu deux ans plus tôt en finale de l’US Open, Marat Safin, une défaite au premier tour de Roland-Garros contre le modeste Italien – 69ème mondial – Andrea Gaudenzi, Pistol Pete ne remportera jamais les Internationaux de France, un titre qui manquera cruellement à son palmarès. Et comble de la douleur sans doute pour le grand champion américain, c’est dans « son » tournoi, Wimbledon, qu’il subit sans doute la défaite la plus dure de l’année contre un Suisse classé 145ème mondial, Georges Bastl, qui, pour l’Histoire, restera comme le dernier homme à l’avoir battu au All England Club, endroit où il a construit sa légende en remportant 7 fois le plus prestigieux tournoi du monde.

Les choses sont toutes autres pour Andre Agassi en 2002 qui est toujours présent au plus haut niveau, 6e mondial – alors que Sampras est retombé au 17ème rang – il a remporté l’Open d’Australie en 2000 et 2001, la seconde fois en dominant un certain… Arnaud Clément en finale. En 2002, il a accroché le tournoi de Rome à son palmarès, Miami où il battait un tout jeune Roger Federer en finale et les tournois de Scottsdale et Los Angeles. Sans être sa meilleure saison, 2002 est un assez bon cru pour celui qui est, depuis 1999, le compagnon de Steffi Graf. Trajectoires divergentes pour les deux hommes. Sampras dans cet US Open 2002 est passé tout près de la défaite au troisième tour contre le Britannique d’origine canadienne, Greg Rusedski, s’imposant au terme du cinquième set. Un huitième très disputé contre Tommy Haas, quatre sets équilibrés – 7-5 6-4 6-7 7-5 – Pistol Pete avait fait le plus dur pour rejoindre la finale, ce ne sont pas Schalken et Roddick qui lui poseront des problèmes ensuite, en quart puis en demie. Quatre premiers tours ridicules de facilité pour Agassi, qui connaît ses premiers soucis en quarts contre Max Mirnyi avant de sortir le tout jeune numéro 1 mondial Lleyton Hewitt au terme d’un magnifique combat remporté 6-4 7-6 6-7 6-2. Trois jours avant les commémorations du 11 septembre 2001 et alors que le Gard connaît de terribles inondations, c’est à une finale 100% made in USA à laquelle nous allons assister.

Une finale qui va tenir toutes ses promesses. Comme le démontre la citation en tête d’article, Sampras est encore capable de réaliser un grand match et va décrocher une quatorzième couronne en Grand Chelem en montant à l’assaut du filet, tandis qu’Agassi lui offre une très belle réplique. Mais cela ne suffit pas et les deux premières manches tombent dans l’escarcelle de Sampras, 6-3 6-4. Jouant un tennis très agressif, Sampras monopolise le filet grâce à son formidable service, ce dernier qui lui permet de passer pas moins de 33 aces à son rival, rappelons que Sampras reversait 100$ à des associations caritatives à chaque ace qu’il réalisait lors de ses matchs. Courageux, Andre Agassi ne lâche pas l’affaire et revient à 2 sets à 1 – 6-3 6-4 5-7 – après une volée totalement ratée de son rival (vidéo à 11’00), Steffi Graf apprécie le spectacle en tribunes… Mais cela ne suffira pas et Pete Sampras reprend sa marche en avant, malgré la qualité des retours du Kid. Repoussant l’échéance grâce à un passing de coup droit gagnant, Agassi ne pourra rien faire contre un ultime service-volée de son rival de toujours, qui s’impose au final 6-3 6-4 5-7 6-4 ! L’accolade entre les deux hommes démontre toute l’amitié et le respect entre eux, ce match était le 34e entre les deux hommes, Pete Sampras a remporté 20 matchs contre son rival de toujours.

Les statistiques de la finale entre Sampras et Agassi, 33 aces pour Pistol Pete, 80% de points gagnés derrière sa première, et une balle de break convertie sur 2, Agassi n’en a lui converti 2 sur 12 ! Pete Sampras s’est aussi montré conquérant en retour avec tout de même 38% de points gagnés. Statistiques disponibles sur le site de l’ATP.

Pete Sampras soulève le trophée, c’est le dernier de son immense carrière, jalonnée de 64 titres, dont 14 en Grand Chelem. 14 titres en Grand Chelem pour 4 finales perdues seulement, l’Américain a toujours su élever son niveau de jeu dans les moments les plus importants, comme il l’a fait ce 8 septembre 2002.

Blessé par la suite, il ne pourra jamais effectuer son retour à la compétition et annonce sa retraite quelques semaines avant l’US Open 2003. Pour l’anecdote, c’est Paul-Henri Mathieu à Long Island qui a infligé sa dernière défaite professionnelle à celui qui est alors l’homme le plus titré en Grand Chelem, et sans doute pour beaucoup le meilleur joueur de l’histoire. Andre Agassi mettra un terme à sa carrière en 2006, entre-temps il remportera une quatrième et dernière fois l’Open d’Australie et jouera une finale mémorable de l’US Open en 2005 contre Roger Federer. Depuis, Pistol Pete a été revu quelques fois sur les courts, pour des exhibitions, l’une en 2010 où il joue en double avec Roger Federer contre Rafael Nadal et Pete Sampras, une autre en 2007 contre Federer au Madison Square Garden. Avec la retraite de Sampras, c’est aussi un style de jeu atypique qui disparaît (ou presque), le service-volée, un tennis offensif qu’il a porté au plus haut.

Avec 14 titres du Grand Chelem, et malgré qu’il n’ait jamais soulevé la Coupe des Mousquetaires à Roland-Garros, il est sans doute à ce moment le plus grand joueur de l’Histoire du tennis, mais ça c’était avant l’arrivée de Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic



Catégories :ATP, ITF, Non classé, Rétrospectives

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Rétroliens

  1. US Open 2005 : Roger Federer, souverain absolu ! – Le Journal du Tennis

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