US Open – Serena Williams – Maria Sharapova : 22e « classico »

C’est sans conteste l’affiche du premier tour de la 136e édition de l’US Open dont le coup d’envoi sera donné lundi [26 août]. Serena Williams versus Maria Sharapova. Le match des deux anciennes numéro un mondiales. Le match « blockbluster » aux 28 titres du Grand Chelem. Bien malin est celui qui devinera l’issue du 22e épisode de la saga, plus de quinze ans après son premier opus. Car si la première part [très] largement avec les faveurs des pronostics, bien aidée par ses 19 (!!) victoires consécutives (and counting…) sur la seconde ; elle a été forcée d’abandonner en finale de la Coupe Rogers après seulement quatre jeux disputés, il y a quinze jours, blessée au dos. Par précaution ou véritable blessure ? Loin d’évoluer à son meilleur niveau, la Russe se bat de son côté contre son épaule : elle n’a remporté que huit matchs (en sept tournois disputés) pour trois forfaits et/ou abandons en 2019. Décryptage d’une rencontre au sommet entre les deux meilleures ennemies.

Serena Williams versus Maria Sharapova. Entre les deux stars de Nike, tout a commencé il y a quinze ans sur le gazon de Wimbledon. En 2004 lorsqu’une jeune gamine russe de 17 ans débarque à Londres, Serena Williams domine le tennis mondial. Cinq ans après avoir remporté son premier (US Open), elle compte sept titres du Grand Chelem. La Sibérienne s’est quant à elle révélée sur le circuit WTA un an auparavant, en terminant l’année 2003 à la 32e place mondiale, grâce notamment à ses deux premiers titres en carrière (Tokyo et Québec). Double tenante du titre, l’Américaine voit, après une quinzaine quasi parfaite (un seul set lâché en route, contre Amélie Mauresmo en demi-finale), son titre lui échapper. Huitième de finaliste l’année d’avant pour sa première participation, Maria Sharapova, titrée quinze jours plus tôt sur le gazon de Birmingham, prend sa revanche sur celle qui l’avait battu quelques mois plutôt sur le dur de Miami pour leur premier affrontement et s’empare de la Venus Rosewater Dish sur le score sans appel de 6-1, 6-4. Une défaite surprise qui, selon la principale intéressée, a déclenché l’électricité entre les deux joueuses. C’est ce que la Russe révélera en 2017 dans son autobiographie Unstoppable : My Life So Far.

Le 4 juillet 2004, Maria Sharapova remporte contre toute attente la finale de Wimbledon en battant Serena Williams, double tenante du titre. (Crédit photo : @WTA)


« Quand le match s’est terminé, Serena m’a enlacée. Elle a dit quelque chose comme ‘Bon travail’ et elle a souri. Mais elle ne pouvait pas sourire à l’intérieur. Quand je suis rentrée aux vestiaires, je l’ai entendue hurler. Des sanglots gutturaux. Je suis partie aussi vite que j’ai pu, mais elle savait que j’étais là. Je crois que Serena me déteste pour être la gamine maigre qui l’a battue, contre toute attente, à Wimbledon. Mais plus que tout, je crois qu’elle me hait parce que je l’ai entendue pleurer. »

Ce à quoi Serena Williams répondit en juin 2018 pendant une conférence de presse à l’occasion de Roland-Garros, où les deux devaient se disputer une place en quarts de finale avant que l’Américaine ne déclare forfait quelques heures seulement avant d’entrer sur le court :

« En tant que fan, je voulais lire le livre et j’avais hâte qu’il sorte et j’étais très contente pour elle. Et puis en fait, le livre parlait beaucoup de moi. Ça m’a vraiment surprise pour tout vous dire. Je ne m’attendais pas à lire un livre sur moi-même, livre qui n’est pas complètement vrai. Donc je me disait que c’était intéressant mais… je ne sais pas. Je ne savais pas qu’elle m’admirait autant ou que j’étais si importante dans sa carrière. » 

Toujours est-il que depuis le match fondateur de la rivalité américano-russe, Maria Sharapova n’a plus remporté qu’un seul match face à Serena Williams, la finale des WTA Finals de 2004 (4-6 6-2 6-4). Quinze ans de disette. Dix neuf confrontations entre 2005 et 2016. Trois sets remportés par la Russe, le dernier en 2013. Au dépend de sa rivale, l’Américaine a remporté un titre Olympique (Londres 2012), un WTA Finals et trois titres du Grand Chelem (Open d’Australie 2007 et 2015, Roland-Garros 2013). Un ascendant psychologique vous avez dit ? Lundi, elles partageront un court pour la première fois depuis trois ans (quart de finale de l’Open d’Australie 2016). Cette affiche au caractère électrique pourrait, en cas de victoire, lancer Serena Williams dans son contre-la-montre au 24e titre du Grand Chelem, après trois échecs consécutifs en finale depuis son retour de grossesse il y a un an et demi.



Catégories :Non classé, Rétrospectives, WTA

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