US Open 2000 : Marat Safin fait chavirer New York !

Daniil Medvedev s’est qualifié pour la finale après sa victoire contre Grigor Dimitrov, sera-t-il capable d’imiter dimanche son glorieux aîné Marat Safin, vainqueur de l’US Open 2000 ? Son aîné avait dominé Pete Sampras en finale, lui devra renverser Rafael Nadal.

Tonitruante cette victoire de Marat Safin en finale de l’US Open, alors à peine âgé de 20 ans, en « écrasant » pourtant la légende Pete Sampras, au terme d’une finale à sens unique, remportée 6-4 6-3 6-3. Marat Safin, un joueur très populaire en France, trois fois titré à Bercy, vainqueur d’une Coupe Davis rocambolesque en 2002, toujours au Palais Omnisports de Paris-Bercy, au terme d’un cinquième match remporté par Mikhail Youzhny sur Paul-Henri Mathieu. Marat Safin, c’est aussi une personnalité atypique du tennis, un joueur capable du meilleur comme du pire.

En 2000, Safin est tout jeune sur le circuit, âgé de 20 ans, il s’est déjà fait remarqué l’année précédente en se qualifiant pour la finale du Masters de Bercy, dominant Gustavo Kuerten, mais aussi Jim Courier et Michael Chang, avant de plier contre Andre Agassi en finale, 7-6 6-2 4-6 6-4. L’année 2000 est à l’image de ce que sera la carrière de Marat Safin, avec des hauts et des bas… Un début de saison catastrophique, avec plusieurs défaites d’entrée à Sydney, à l’Open d’Australie, mais aussi à Marseille, Rotterdam ou encore à Londres (à l’époque un tournoi qui se jouait sur dur au mois de février). C’est sur terre battue que le talentueux Russe va trouver ses repères, échouant d’un rien en finale à Hambourg dans un match spectaculaire contre Gustavo Kuerten, remporté 6-4 5-7 6-4 5-7 7-6 (3). Safin enchaîna par la suite avec un quart de finale à Roland-Garros, perdu contre Magnus Norman, l’un de ses meilleurs résultats Porte d’Auteuil. Premier titre de la saison lors de la saison américaine sur dur, où il parvient à dominer pour la première fois l’homme qu’il retrouve en finale de l’US Open, Pistol Pete ! Le Russe s’est imposé ce jour-là au bout du suspense, au terme d’un jeu décisif du troisième set acharné, 6-4 3-6 7-6 (10), une victoire sur l’invité surprise en finale, Harel Lévy – 144ème mondial – lui offre alors ce qui est le plus beau titre de sa carrière.Malgré cette victoire quelques semaines auparavant, difficile de dire que Safin arrive favori pour disputer cette finale…

Même si Sampras arrive sur le tournoi après une tournée américaine décevante – quart de finaliste à la Rogers Cup, dominé par Marat Safin comme déjà dit plus haut, il n’a pu dépasser les huitièmes de finale à Cincinnati, dominé par le Britannique Tim Henman – Pistol Pete est quatrième mondial pour aborder le grand chelem New Yorkais, vainqueur pour la septième fois de Wimbledon quelques semaines plus tôt, au terme d’une finale acharnée contre Patrick Rafter, remportée 6-7 (2) 7-6 (9) 6-4 3-6 6-2. L’Américain a réalisé un très bon tournoi, ne concédant qu’une seule manche pour aller en finale – face à Richard Krajicek en quart de finale – et a dominé en trois sets un autre rookie de grand talent en demi finale, l’Australien Lleyton Hewitt, 7-6 (7) 6-4 7-6 (5). On ne peut pas dire que le parcours de Marat Safin fut tout autant facile à Flushing Meadows, il a en effet connu un parcours que l’on pourrait assimiler à des montagnes… russes, souffrant au deuxième tour pour dominer Gianluca Pozzi – 49ème mondial – en cinq sets, puis sortant Sébastien Grosjean au terme de ce que l’on appelle le tie-break américain, c’est-à-dire le jeu décisif de la cinquième manche, 6-4 7-6 (3) 1-6 3-6 7-6 (5). Mais de son parcours, on retient aussi cette victoire impressionnante contre Juan Carlos Ferrero, alors 12ème mondial, ne concédant que cinq petits jeux, 6-1 6-2 6-2. Après un succès sur Nicolas Kiefer, il rejoint la finale après une demie maîtrisée contre Todd Martin, 6-3 7-6 (4) 7-6 (1). Après un début de tournoi très difficile, le Russe a élevé son niveau… mais il reste capable du meilleur comme du pire, quel visage va-t-il montrer ce dimanche 10 septembre 2000, à l’heure de défier l’homme qui est – avec 13 titres en Grand Chelem – le plus titré dans les tournois majeurs ?

Et ce sera bien sûr le meilleur ! Marat livre une partition de toute beauté, imposant sa puissance du fond du court et transperçant les services-volées de Pete Sampras tout au long de la partie, délivrant des points d’exceptions, pas seulement appuyé sur sa puissance, comme cette contre-amortie croisée qui accroche la ligne (vidéo à 1’48) ou encore l’amortie qui suit immédiatement ce dernier point sur la vidéo. Un Safin qui retourne avec une facilité déconcertante les premières balles de Pistol Pete, un dernier passing de revers gagnant, tout un symbole, lui offre la plus belle victoire de sa jeune carrière et son premier titre en Grand Chelem !

Malgré seulement 49% de premières balles, Marat Safin l’emporte facilement. Infographie : ATP

Marat Safin s’impose finalement 6-4 6-3 6-3 dans un match qui augure l’évolution du tennis grâce à l’amélioration du matériel notamment, des joueurs plus forts du fond de court, s’appuyant sur un jeu plus puissant. Quelques semaines plus tard, après sa défaite en demi-finale du Masters contre André Agassi, il deviendra le plus jeune numéro 1 mondial de l’histoire du tennis ! Lleyton Hewitt le dépassera l’année suivante.

Un chef d’oeuvre dans la carrière du Moscovite, une carrière marquée par une inconstance, une impossibilité à répéter son meilleur tennis et une capacité très développée aux colères… dont ses raquettes souffriront tant ! Mais Safin décrochera d’autres grands succès, « chouchou » de Paris, il sera un joueur très populaire à Roland-Garros et remportera trois fois le tournoi de Paris-Bercy, tournoi où il fera ses adieux à la compétition en 2009, après une défaite au second tour contre Juan Martin Del Potro. A la retraite, Safin commencera une carrière politique qui le mènera à un poste de député à la Douma en 2011 pour Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine. L’autre chef d’oeuvre de la carrière du Russe ? Incontestablement sa victoire en demi-finale de l’Open d’Australie contre Roger Federer en 2005. Au bout de la nuit, Safin dominera un Federer de gala, qui évoluait alors à son meilleur niveau, une victoire 5-7 6-4 5-7 7-6 (6) 9-7, sans doute l’un des plus grands matchs de l’histoire du tennis… Une victoire qu’il confirmera en finale contre le local Lleyton Hewitt pour décrocher son deuxième et dernier titre du Grand Chelem.



Catégories :ATP, Non classé, Rétrospectives

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