Jusqu’où ira Bianca Andreescu?

Elle n’a plus connu la défaite depuis le 25 mars (abandon). Ses homologues masculins peuvent aller se « rhabiller ». Exit les performances de Félix Auger-Aliassime, son conscrit de 2000, finaliste malheureux à Rio, Lyon et Stuttgart et demi-finaliste au Masters 1000 de Miami et Denis Shapovalov, 20 ans et également demi-finaliste en Floride cette année : en quelques mois, Bianca Andreescu, actuelle 5e joueuse mondiale, a volé – à raison – la vedette à ses potes canadiens. Quatrième joueuse qualifiée pour les WTA Finals qui se dérouleront pour la première fois à Shenzhen, grâce notamment à son fabuleux été (titres à la Coupe Rogers et à l’US Open), la Canadienne est toujours en lice à Pékin, où elle affrontera vendredi l’ancienne numéro une mondiale Naomi Osaka pour une place dans le dernier carré. Jusqu’où ira Bianca Andreescu ?

Bianca Andreescu (Crédit photo : @WTA)

Son ascension donne le vertige. Treize mois auparavant, l’ancienne protégée de Nathalie Tauziat, par ailleurs sa capitaine en Fed Cup, pointait à la 208e place mondiale. « Pire » encore, Bianca Andreescu avait échoué dès le premier tour des qualifications à Flushing Meadows face à la jeune Russe Olga Danilovic, titrée quelques semaines avant à Moscou. Il y a trois semaines, elle remportait face à Serena Williams (6-3, 7-5) son premier titre du Grand Chelem et offrait au Canada sa première victoire dans l’épreuve new yorkaise. Sa trajectoire en 2019 n’est pas sans rappeler celle suivie par Naomi Osaka, un an auparavant. Comme Andreescu, la Japonaise s’était révélée en Californie où elle avait remporté contre toute attente le tournoi d‘Indian Wells, avant de triompher à New York. La saison de l’Ontarienne aurait pourtant pu connaître une issue bien différente et bien moins heureuse : fortement sollicitée pendant les trois premiers mois de l’année – finale à Auckland, demi-finale à Acapulco et titres au WTA 125k de Newport Beach puis à Indian Wells -, son épaule l’avait rappelée à l’ordre à Miami une première fois (abandon en huitièmes de finale), avant de la forcer à renoncer à disputer le deuxième tour de Roland-Garros, encore trop fragile, fin mai.

Bianca Andreescu lors de son succès à Indian Wells en mars (Crédit photo : @WTA)

Déjà si bien souvent embêtée par des pépins physiques dans sa jeune carrière, erreur aurait été de penser que la jeune Torontoise d’origine roumaine s’arrêterait en si bon chemin. Absente du circuit féminin pendant plus de deux mois, celle qui prend du temps pour méditer et visualiser sa journée avant de la débuter opérait son retour à la compétition sur ses terres, à Toronto, à l’occasion de la Rogers Cup en août. Y avait-il un meilleur endroit que devant son public pour réenclencher la machine ? Certainement pas. Poussée par les siens, Bianca Andreescu se dépêtrait de situations périlleuses pendant les quatre premiers tours, au cours desquels elle fut menée deux fois une manche à rien, notamment face à… Eugenie Bouchard, ancien grand espoir du tennis canadien (finale à Wimbledon en 2014). Après une demi-finale plus maîtrisée, Bianca Andreescu l’emportait sans avoir à combattre : blessée, Serena Williams était contrainte à l’abandon après seulement quatre jeux disputés (3-1 ab.). Le Canada avait bel et bien son nouvel espoir. « This is only the beginning » (« Ce n’est que le début »). Son coach Sylvain Bruneau, qui s’était confié à la presse canadienne en mars, ne croyait certainement pas si bien dire.

Bianca Andreescu lors de la finale de la Rogers Cup en août (Crédit photo : @WTA)

Ayant par précaution renoncé au tournoi de Cincinnati après son sacre torontois, c’est requinqué que Bianca Andreescu débarquait à Flushing Meadows, non plus pour espérer y disputer le tableau final, mais pour y porter le dossard n°15. Exit les mauvais souvenirs de 2018, la Canadienne franchissait sans trop de difficulté les trois premiers tours, en ne lâchant pas un set et en se payant au troisième tour l’ancienne numéro une mondiale Caroline Wozniacki. Mise en difficulté en huitièmes par la locale Taylor Townsend (6-1, 4-6, 6-2) contre qui il lui fallut pas moins de cinq balles de match pour s’imposer, puis en quarts par Elise Mertens (3-6, 6-2, 6-3) contre qui elle fut menée une manche à rien ; l’Ontarienne dût à nouveau serrer les dents face à Belinda Bencic (7-6 (3), 7-5) pour s’offrir, à 19 ans, une première finale en Grand Chelem. Inutile de mentionner son adversaire, qui espérait enfin rompre avec la défaite (trois finales majeures consécutives perdues), et égaler le record ultime de titres du Grand Chelem (24), détenu par Margaret Court. C’était sans compter sur l’aplomb canadien. Menacée par le retour de Serena Williams dans la partie après avoir tremblé au moment de servir pour le titre à 5-1 dans le deuxième set alors qu’elle dominait l’Américaine, Bianca Andreescu s’évitait finalement le cauchemar d’une troisième manche et remportait sous les yeux du public du Arthur Ashe Stadium son premier titre du Grand Chelem (6-3, 7-5), succédant ainsi à Naomi Osaka. Une nouvelle fois sous les paillettes new-yorkaises, la jeunesse l’emporta sur l’expérience. Jamais une Canadienne n’avait remporté le Grand Chelem new yorkais. De « sensation », Bianca Andreescu devint en quelques mois le porte drapeau du tennis canadien.

Bianca Andreescu lors de son sacre à l’US Open en septembre (Crédit photo : @USOpen)

Et on ne s’attend pas à la voir disparaître du devant de la scène de si peu. Assurée de disputer les WTA Finals fin octobre, la jeune Canadienne a remporté en battant facilement Jennifer Brady (6-1, 6-3) son dix septième match consécutif. Vendredi, les deux dernières championnes de l’US Open s’affronteront pour la première fois de leur carrière. Pour retrouver une joueuse qui avait été invaincue pendant dix sept matchs (en comptant la Fed Cup), il fallait remonter jusqu’en 2016 (Victoria Azarenka). Bianca Andreescu, sa légende en marche.



Catégories :Portraits, WTA

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :