Nikoloz Basilashvili : « le tennis en Géorgie est en difficulté »

Le 29 juillet 2018, à Hambourg, Nikoloz Basilashvili devenait le premier Géorgien à remporter un titre sur le circuit principal. Un moment historique pour son pays qui voit enfin un avenir à sa pratique, jusque-là oubliée.

« Je ne sais pas pourquoi il a choisi le tennis pour moi. C’était une décision vraiment bizarre. Cela n’avait aucun sens. » déclarait Nikoloz Basilashvili chez TennisHead. Il faut dire que ce n’est pas le sport le plus pratiqué dans le Caucase, car la Géorgie est avant tout une terre où les sports de force s’expriment plutôt bien : l’haltérophilie, la boxe, et la lutte sont des disciplines ancrées dans les moeurs. Tout comme le rugby, et leur équipe nationale, « Les Lélos ». Et pourtant, le natif de Tbilissi a su grâce à son père, danseur professionnel de ballet, saisir les opportunités pour progresser loin de son pays : « Mon père a pris beaucoup de décisions incroyablement bonnes à différents moments de ma carrière. L’une d’entre-elles était d’aller s’entraîner en Floride, et de jouer l’Orange Bowl. » Se confronter aux meilleurs adversaires, et s’entourer des meilleurs coaches, c’est sans doute ce qui a permis à « Basi » de tracer son chemin.

En Géorgie, la marge de progression est faible, et l’encadrement n’est pas adapté, comme le précise le 27e joueur mondial « Le tennis en Géorgie est en difficulté. Il n y a pas beaucoup de bons joueurs à venir, et les jeunes joueurs ont très peu de chances de s’améliorer à moins de s’éloigner. » En effet, la Géorgie est une terre aride pour les tennismans. Les meilleurs clubs se trouvent dans la capitale à Tbilissi, sinon les lieux d’entraînement se comptent sur les doigts d’une main à travers le territoire. Affaibli et divisé, ce pays de trois millions d’habitants souffre d’une enclave politique, liée aux différents conflits pour la découpe du territoire. De passage dans un Future en terres géorgiennes, Grégoire Barrere a ressenti l’austérité locale :  » Je suis arrivé à 3h du mat, il n’y avait pas de navette, et j’avais 1h30 de route à faire dans les montagnes. J’ai pris un taxi et j’avais l’impression que le mec allait me tuer à tout moment. Je n’étais vraiment pas bien. Juste avant d’arriver dans la ville, il s’est arrêté en plein milieu de la route et j’ai commencé à vraiment stresser. En fait, il s’arrêtait juste pour aller aux toilettes et cela s’est bien fini. Après, la ville était pourrie, le club et les terrains étaient pourris, l’hôtel n’était pas terrible. On ne pouvait pas manger à midi, on était obligés de manger au kebab car c’était le seul truc d’ouvert. »

Les récentes performances de Nikoloz sur le circuit donnent cependant quelques lueurs d’espoir pour la démocratisation du tennis local : « Peut-être que le tennis se développe maintenant parce que les gens ont vu mes résultats, et qu’ils s’en inspirent. Il y a eu plus de couverture médiatique, quelques sociétés de télévision ont acheté les droits de mes matches. Lors de l’US Open 2018, j’ai reçu beaucoup de messages de personnes à la maison qui suivaient la télévision. » En janvier dernier, l’équipe nationale de Géorgie a participé à l’ATP Cup grâce au bon classement de leur joueur numéro un. Un coup de pouce pour la fédération qui a pu toucher une petite partie des 15 millions de dollars de dotation.

A lui seul, Basilashvili pourrait bien (si ce ne l’est déjà) devenir le fer de lance du nouveau tennis Géorgien. Avec ses trois titres sur le circuit principal, il fait mieux qu’Irakli Labadze, ancien pensionnaire du Top 50, mais donne surtout à son peuple et aux nouveaux joueurs, les raisons d’y croire.



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